Suite - Trek Cañon del Colca

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Pérou - Quillabamba
de Annabel, le 02-07-2006

Suite - Trek Cañon del Colca

Ce fut dur, mais on y est arrivé ! Combien de chansons scoutes me sont revenues alors que je crachais poumons, coeur et estomac sur les chemins de ce trek, ou lorsque un sourire me rappelait que j´étais contente d´être humaine, et combien j´aime les gens, malgré les trahisons ou les déceptions !

Première journée : nous nous éloignons tranquillement de Cabanaconde, traversant les terrasses précolombiennes, déjà récoltées, pas encore plantées pour la prochaine moisson, chaumes dorées brillant au soleil ou terre brune retournée à la main. Le soleil est déjà haut et la chaleur commence à se faire sentir, à mesure que nous descendons vers le rio del Colca. Nous rencontrons un couple de paysans et leur mule qui nous indiquent le chemin. Un peu plus loin, nous nous perdons dans les descriptions en anglais de notre guide de trekking et nous arrêtons pour nous consulter au milieu d´un troupeau de vaches. Un petit veau a un morceau de cactus enfoncé dans le museau. Il ne bouge pas quand je m´approche pour essayer de le lui arracher. Mais pas de happy end pour cette anecdote : les épines sont pronfondément enfoncées et j´ai trop peur de lui faire du mal ; je le laisse donc à sa douleur en me disant que décidément, je n´aurais jamais pu être médecin. Nous nous approchons d´une petite maison en pierres espérant demander le chemin à ses habitants. Malheureusement, elle est vide et nous nous demandons un peu quoi faire. Cette fois, la chance nous sourit, comme elle va nous sourire tout au long de ce trek quand nous hésiterons sur la route à suivre. Un cavalier surgit de derrière les murets et nous annonce que nous sommes sur la mauvaise route, mais pas de problème, il nous guide jusqu´à la prochaine intersection. De là, c´est plutôt simple : une route caillouteuse descend en bas, tout en bas, jusqu´au rio Colca que nous devons traverser. L´ancien chemin (c´est une nouvelle route) coupe les nombreux lacets et c´est à une bonne allure que nous finissons par atteindre les eaux turquoises et tumultueuses de ce torrent qui semble bien trop étroit pour avoir réussi à couper des milliers de mètres de roches au cours des siècles passés.

La traversée du pont est un moment de tension dont je me serais bien passé : le vent soufflait dur et nos pas faisaient se balancer les mauvaises planches suspendues à quelques mètres au-dessus de la rivière. De l´autre côté, quelques tentes de plastique constituent les abris temporaires des ouvriers travaillant à construire la route qui reliera Cabanaconde au... pont, sans aller plus loin, puisque le terrain est trop difficile. Un chien se met à gueuler en nous voyant approcher et nous rebroussons chemin. Il faut pourtant que nous passions car c´est le seul accès au rio et nous avons absoluement besoin de remplir nos gourdes. Nous essayons une autre voie, mais rien à faire, la rive est trop escarpée. Comme je sais que nous n´aurons pas d´eau avant le lendemain matin, je décide d´y aller franco : je ramasse quelques cailloux et agrippe mon baton de marche comme si j´allais en cours d´aïkido. Entre temps, le chien a disparu. Manu sur mes talons, nous nous approchons des tentes en criant : "Hola !". Un homme sort la tête, les yeux un peu rouges. Je m´exclame : "Buenas tardes ! Tenemos que ir a tomar agua al rio... pero, puede llamar a su perro ?" Ca le fait bien rire, et d´autres ouvriers apparaissent, occupant le chien pendant que nous faisons le plein pour les quelques 24h à venir. Nous en profitons pour demander les scores du match France-Togo. Ils ne sont pas sûrs mais la France a l´air d´être qualifiée, c´est le plus important. Tout au long du trek, à chaque rencontre et après les formules de politesse d´usage, ce sera notre refrain. Ce qui est drôle, c´est que personne ne nous donnera le bon score mais tout le monde nous donnera un score qualifiant la France. Ouf !

La fin de la journée est plus difficile, après les heures déjà passées sur les sentiers. Le chemin devient raide et le pied roule sur les cailloux. Manu n´est pas fier : un véritable précipice s´ouvre à notre gauche. Heureusement, nous arrivons bientôt sur l´étroit replat qui nous servira de campement pour la nuit à venir.

Deuxième journée : à suivre. Pour cause de mondial, de victoire française et de trop de bière en compagnie de nos nouveaux amis péruviens, l´auteur est dans l´incapacité de terminer ce chapitre.

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