De Arequipa, nous retournons une fois de plus à Cusco et à la petite famille Rabin, que décidément nous avons du mal à quitter ! Cusco et les ruelles ensoleillées du quartier San Blas. Enfin un coin bien touristique, fait pour les routards, comme nous ne les aimons pas trop Manu et moi. Mais nous apprécions les ruelles pavées, la petite église et un des rares restos qui n´ait pas adopté un concept « backpackers » où l´on s´est vraiment régalé et rempli la panse pour dix malheureux soles par personne (3 EUR). Nous avons aussi joué les détectives pour trouver les informations nécessaires à notre randonnée à Espíritu Pampa. Très drôle ! A l´office de tourisme de la ville, les jeunes hommes qui nous reçoivent sont bien en mal de nous apprendre quoi que ce soit. Ah si, un des jeunes s´exclame : « La seule chose que je sais, c´est que c´est loin !!!! » Ah ! Ah ! Ah ! Merci pour l´info ! Direction l´office de tourisme national. On espère en apprendre un peu plus. Pas de chance non plus de ce côté-là ! Une jeune femme très professionnelle mais sans ressources donne quelques coups de fil avant de s´avouer vaincue… Heureusement que le Lonely Planet est encore un bon guide pour les vrais routards ! Nous nous rendons au terminal des bus pour Quillabamba, le point d´entrée pour la selva et Vilcabamba. Là, la vendeuse nous aborde en nous demandant : « Quillabamba ? Las ruinas de Espíritu Pampa ? ». Je lui offre mon plus beau sourire en lui disant qu´elle devrait travailler pour l´office du tourisme ! Un conducteur qui était là nous donne même toutes les informations pour les changements de bus, les prix et les temps de transport jusqu´à Huancacalle, départ de la randonnée. C´est parti, donc ! Nous allons faire quelques courses. D´après les agences de voyage qui proposent le trek, il faudrait six à sept jours de marche. Nous prévoyons donc pour autant de nourriture. Rebelote pour la purée mousseline, le jambon et le saucisson, le thon en boîte, la sauce tomate, le fromage en tranches et le pain de mie. Nous avons en mains le formidable livre de Vincent Lee, un architecte américain qui a pratiquement consacré sa vie à la recherche sur Espíritu Pampa, aussi appelé Vilcabamba la Vieille et les derniers instants de la résistance Inca après l´arrivée des Espagnols. Un travail exhaustif retraçant la route empruntée par les Incas et les conquistadors sur leurs traces, les lieux et ruines des forts ou places fortes où ont eu lieu les ultimes combats, accompagné de plans architecturaux des restes ainsi que des reconstitutions des bâtiments originaux, enfin, les cartes des chemins incas. Impossible de se passer de ce guide pour aller visiter Espíritu Pampa ! A lire absolument pour ceux qui se passionnent pour les Incas. Pour l´heure, nous prenons le bus pour Quillabamba, début sur macadam, stoppés au bout de quelques heures par un panneau qui annonce les horaires de passage sur la portion en construction. En cours de route, un bonimenteur incroyable arrive à vendre de petits sachets de poudre laxative et déparasitaire avec un discours mêlant avec bonheur remèdes de grand-mère et termes scientifiques. Je retiens surtout les incrustation parasitaires sur toutes les voies digestives ! Bouh... Ca fait peur ! A l´arrêt forcé, nous attendons quarante cinq minutes en nous mordant les dents de n´avoir pas de monnaie : les empanadas au fromage ont l´air tellement appétissantes à midi ! Ca y est, nous remontons dans le bus. La route devient légèrement effrayante, avec ses virages à quasiment 180°, longeant le versant abrupt d´une vallée qui nous amène jusqu´au col , qui est depuis cinq cents ans le seul accès à Quillabamba et la jungle depuis Cusco et la vallée sacrée. C´est cette route qu´ont empruntée les Incas et les Espagnols après 1540 et le début de la résistance Inca… mais il ne reste plus grand-chose des magnifiques chemins inca, détruit par la nouvelle route ! Autant pour la conservation du patrimoine ! Nous arrivons à Quillabamba vers seize heures. Dans le bus, nous discutons avec Miguel, un jeune guide anglophone travaillant à son compte pour le Club des Explorateurs Sud-Américains. Il accompagne aujourd´hui un américain parti à la recherche de ruines dans la jungle, à cinq jours d´exploration en bateau sur les rivière de la selva. Ca fait rêver… Il nous conseille de les suivre à l´hôtel Alto Urubamba. Bon conseil s´il en est ! Patio fleuri, chambres simples mais propres pour 22 soles la nuit (6 EUR), personnel serviable, et surtout, surtout… un coin télé super confortable où l´on va pouvoir suivre les quart de finale de la Coupe du Monde Alemania 2006 ! Nous nous faisons également confirmer les moyens de transports disponibles pour accéder à Huancacalle. Départ en mini bus à 10h30 le dimanche 2 juillet par beau temps, sur une piste légèrement défoncée, mais conduits par un chauffeur très prudent, nous arrivons en un seul morceau à Huancacalle. C´est de ce petit village que Vincent Lee a conduit toutes ses expéditions « Sixpac Manco » pour Espíritu Pampa, appuyé et guidé dans son projet par la famille Cobos, père et fils, qui connaissent la région comme leur poche, et surtout le lieu de toutes les ruines existantes (ou presque !). C´est chez eux que nous trouvons refuge pour la nuit, dans l´hospedaje qu´ils ont ouvert à l´entrée du chemin pour Espíritu Pampa. Agueda, la fille, nous prépare un repas roboratif et peu amène que nous n´arriverons pas à finir, à notre plus grande honte. Nous partons nous coucher la tête pleine des images des expéditions passées pour la « Plaine des fantômes », auxquelles le vieux Benjamin a donné vie, assis au coin du foyer.
Lundi 3 juillet, à sept heures, nous partons pour le site de Rosaspata qui surplombe Huancacalle. C´est là que se trouve la « pierre blanche » ou Ñusta Hispanan, en quechua, l´endroit où la princesse fait pipi... C´est aussi le titre du livre de Hug Thomson qui nous a ouvert les yeux sur l´histoire des Incas. Au fond d´une vallée large comme un mouchoir de poche, les Incas ont construit quelques maisons autour de gros rochers sculptés de marches, de rigoles, de protubérances auxquelles il est bien difficile de donner un sens, si ce n´est artistique. Le site est désert, comme prévu, et nous y attendons en silence le lever de soleil. Les ombres révèlent des formes inédites sur les parois minérales et la lumière donne un nouveau relief à l´ensemble. Une roche a été taillée en forme de siège, juste en face du plus gros « monument », comme un fauteuil au premier loge, pour des contemplatifs amoureux de la nature. De là, nous montons vers la forteresse de Vitcos où s´est battu l´empereur Inca conduisant la résistance, Manco Inca, avant de s´enfoncer un peu plus dans la jungle et de recréer la capitale de son empire disparu à Espíritu Pampa. Il ne reste plus grand-chose, mais l´Institut National de la Culture péruvien a dégagé et rénové une grande partie du site. Dominant les vallées alentour, on se dit que les Incas avaient décidément un don pour choisir des emplacements saisissants, non seulement par leur situation stratégique et défensive mais tout simplement aussi par l´incroyable vue qu´ils offrent. Nous redescendons vers Huancacalle pour attraper nos sacs à dos et écouter les dernières recommandations de la famille Cobos, avant de nous engager sur les sentiers de l´aventure avec beaucoup trop de kilos sur le dos !
Une demi-heure de marche plus tard… nous prenons déjà le mauvais chemin !!! Et nous offrons "gratos" un petit détour d´une demi-heure avant de réaliser notre erreur et de revenir sur nos pas. De là, nous montons vers Vilcabamba la Neuve où nous arrivons vers 12h. Nous ne nous attardons pas. De toute façon, le village n´a rien de charmant, avec ses maisons en brique d´argile d´un brun tristounet. Les habitants qui passent devant nous nous serrent la main en nous demandant où nous allons. Nous partons maintenant à l´assaut du col Kolpacasa. Il fait un peu froid et faim et quand nous arrivons en haut, à 14h, nous sommes soulagés de trouver abri dans une petite chapelle construite au bord d´une plate-forme Inca en ruines. Le vent souffle, glacé, et nous enfilons les vestes. Nous n´avons en réalité par grand-chose contre le froid car nous étions sensés aller en pays tropical… Un peu déçus sur ce coup là ! Nous hésitons une nouvelle fois sur le chemin à suivre et sommes sauvés par deux gamins rentrant de l´école qui nous accompagnent un bout de route. Il faut dire qu´une piste (une « carretera » comme on dit ici) est en construction, et a détruit le chemin Inca que nous aurions dû suivre. Un peu plus loin, C´est la même histoire, coincés sur la carretera, nous ne trouvons pas de sentier. Mais hop ! Surgissent d´une ravine un jeune guide et deux mules, échange de politesses et nous voilà de nouveau sur la bonne voie ! Nous ne quittons plus le petit sentier qui descend le long d´un rio en direction d´Ututo, une pampa où nous pensions établir notre campement. Mais le guide nous annonce que nous n´y serons jamais avant la nuit. Nous décidons donc de nous arrêter au premier bout de plat de venu… Et ce n´est pas facile car ça descend raide. Finalement, nous trouvons une petite île pas trop recouverte de bouses de vaches et de crottins de mules et nous y installons pour la nuit. Le lendemain, nous nous réveillons de bonne heure. De bonne heure signifie couchage avancé, autour des 18h30-19h00, et donc réveil autour des 6h00 du matin. Ceci dit, le temps de faire cuire les flocons d´avoine, de quinoa et de quiwicha, et surtout de faire sécher la tente, complètement trempée pour cause d´humidité intensive pendant la nuit, il est déjà 10h00 quand nous reprenons la route. Le chemin se suit sans problème jusqu´à Ututo. Mais le jour est déjà bien avancé et je m´inquiète un peu de la fin de journée qui nous attend. Au lieu dit Ututo, il n´y a rien d´autre qu´une auberge en construction financé par des italiens ( ?) et un pont que nous empruntons pour accéder à l´autre berge d´un rio qui descend dans une vallée un peu boueuse. Un sentier est en cours de construction ou de rénovation si l´on en croit les quelques portions originales qui rappellent les sentiers Incas que nous avons suivis jusqu´à présent. De l´autre côté, c´est paradisiaque : nous entrons dans la zone tropicale et la jungle proprement dite : forêt secondaire, broméliacées, orchidées et prairies rases sur lesquelles paissent quelques mules et de rares bovins. Nous pique-niquons au bord d´une rivière, sous un pont sur lequel nous voyons passer des villageois et leurs incontournables mules. On se demande en les voyant qui est le plus chargé des deux... les villageois et leur couverture sur les épaules ou bien les mules et leur sacs harnachés sur la croupe ?
En attendant, il nous faut repartir, même si les papillons qui batifollent autour de nous invitent à la farniente. La suite n´est pas follichonne. Nous arrivons vers 16h00 sur notre site de campement : le terrain de foot de l´école de Vista Allegre. L´école est encore en construction, sans porte ni fenêtre, une seule salle est équipée de banc. Les tableaux sont poussiéreux. On a vu que quelques maisons en traversant la communauté de San Fernando et on se demande à qui peut bien servir cette école. Des habitants passent devant notre tente. Nous nous serrons la main, on nous demande des « pastillas » contre la fièvre. Je demande s´ils connaissent le nom. On me répond : Paracetamol. Ca va, je m´avoue vaincue et leur accorde nos trois derniers cachets en leur recommandant de bien diminuer la dose si c´est pour un enfant. On veut nous offrir des oeufs mais il faudrait marcher jusqu´à la maison, « muy cerquita » nous dit-on, mais on connait le sens des distances de ces paysans et nous préférons en rester là. Le soleil se couche sur la forêt dense qui nous entoure et tout d´un coup, la nuit s´illumine du balais des lucioles sur la prairie et dans les arbres. C´est magique et nous éteignons notre lampe frontale pour mieux en profiter. Nous avons fait en deux jours ce que les agences planifient en trois et allons nous coucher, bien fatigués mais satisfaits. Une bonne nuit de sommeil sur tout ça, sur ma cheville qui a recommencé à me faire mal, sur les petites mouches qui piquent et sur la chaleur qui nous confirme que nous sommes enfin en zone tropicale ! Nous partons encore une fois un peu tard, pour éviter de plier une tente mouillée. Mais c´est une erreur. En effet, la journée sera longue et un peu monotone, même si on profite bien de ces paysages déconcertant : alternance de versants humides et denses et de zones plus ensoleillées et donc plus sèches, où l´on commence à voir apparaître les plantations de caféiers. Ma cheville est de plus en plus douloureuse et franchement, je n´apprécie plus guère les montagnes russes que nous oblige à prendre le chemin entre chaque lit de cours d´eau. Il se fait tard et les ombres commencent à descendre sur notre route. Je n´ai plus trop de courage. Nous atteignons enfin les premières maisons de Concevidayoc, où nous devrions dormir à l´école. Devant un portail et quelques maisons situées sur un terre-plein, nous faisons halte et j´appelle à la ronde en espérant que quelqu´un nous répnde, pendant que Manu pousse un peu plus loin dans l´espoir de trouver l´école. Rien à faire, personne ne me répond, pourtant, je vois des enfants aller chercher de l´eau. Ah, ces sales mômes, ils savent nous trouver pour nous demander des « caramelos »... Manu revient les mains vides. Et je craque. J´enjambe la barrière en criant « hola ! »... Finalement une dame apparaît. Je lui demande où est l´école. Encore une demi-heure ?! Ah ! Non ! Pas possible ! Est-ce que l´on peut planter la tente ici ? Oui, pas de problème ! Merci, madame, merci, nous serons discrets. Nous nous installons... devant la porcherie. Un peu de compagnie pour la nuit. Nous avons de l´eau à volonté et je me retrouve à poil dans la pénombre, pour me rafraîchir. Un homme rentre des champs et nous salue sans nous regarder, merci pour la discrétion ! Le repas est vite avalé et nous retrouvons nos tapis de sol... le mien commence à montrer des signes de faiblesse, j´ai dû le crever quelque part. Alors je me réveille de temps en temps pour lui donner un coup de souffle. Cependant, je dors comme un bébé et me réveille fraîche et dispose pour cette dernière ligne droite avant Espíritu Pampa. Les cochons nous ont bercés de leurs grognements, les coqs de leurs cocorico, et la lumière du matin efface toutes les peines de la veille. Nous continuons notre descente vers Vilcabamba la Vieille. Nous atteignons vers 10h30 la Porte du Soleil et accédons à l´escalier de plus de un kilomètre qui mène au site. Je vais à pas de fourmis, m´appuyant de tout mon poids sur mon bâton de marche, en comptant les degrés de l´escalier. Enfin, nous atteignons la maison d´Americo Cobos à qui nous remettons une lettre de la part d´Agueda, en vue de la prochaine venue de Vincent Lee, que nous rattons de peu. Nous posons là nos sacs à dos afin d´aller visiter les ruines. Il est 11h30 et nous avons toute la journée devant nous. L´arrivée sur le site est un peu décevante car il ne reste plus grand chose de ce qui fut la dernière capitale Inca : elle fut entièrement brûlée par ses occupants à l´arrivée des Espagnols, en un dernier geste de résistance. Pourtant, en nous enfonçant dans la forêt, nous sentons monter le sens de l´histoire en nous, la folle espérance de ce peuple qui pensait pouvoir survivre dans ce coin de plaine caché aux yeux des envahisseurs. Sur le lieu du secteur sacré ou du palais de l´Inca, le lieu le mieux conservé des ruines, il est difficile de ne pas ressentir un peu de peine pour cette histoire de Goliath contre David où le plus grand, le plus violent et le plus avide l´a emporté sur une cour de nobles aveuglée par sa grandeur passée. Faute de travaux, d´excavations, le site est resté tel que les Espagnols l´ont abandonné en 1972. C´est un énorme potentiel qu´il ne faudrait pas perdre, face aux paysans qui commencent à s´installer dans le coin et qui ont tendance à piller les ruines pour se fournir en matériaux de construction... A notre retour, nous retrouvons Americo Cobos de retour de son travail d´entretien du site. Je bois une bière. Son fils et sa fille nous tournent autour et ne nous quitteront plus de la journée, pour le pique-nique, quand nous installons la tente... Nous leur donnons quelques auto-collants de footballeurs et il faut voir leur mine réjouie. Je ne crois pas qu´ils reçoivent beaucoup de jouets. La vie de ces gens est impressionnante. La journée dans les champs, à défricher, à entretenir les plantations de cafés, le soir, retour à la nuit tombée pour aller chercher de l´eau à la fontaine avant de couper du bois pour la cuisine du soir. Il n´y a pas d´électricité bien sûr et tout le monde va se coucher en même temps que les poules, qui grimpent à l´arbre le plus proche dans leur instinct animal encore intact, afin d´échapper aux prédateurs. C´est la fin de notre randonnée, et il est temps que ça se termine, car outre mon tapis de sol qui s´entête à se dégonfler, notre Primus qui se refuse à s´allumer et ma cheville qui me fait souffrir, la fatigue générale commence à créer des tensions entre Manu et moi... Ouf, nous arrivons à Chuankiri après sept heures de marche dans les plantations de café organique, de hauts et de bas d´un ruisseau à un autre, de papillons en fleurs toutes plus magnifiques les unes que les autres. A temps pour sauter dans un camion qui livre les boissons dans les bouteilles consignées, Coca Cola, bière et autres boissons gazeuses, en direction de Kiteni. Il n´y a que deux autres passagers avec nous, un paysan qui nous demande un souvenir de la France, et un professeur de sport au collège de Chuankiri qui nous parle de l´équipe de France et de la prochaine finale de la Coupe du Monde. Sur la route, surprise, nous longeons des plantations de cacao, d´orangers et de mandariniers. Des petits singes s´enfuient à notre approche alors qu´ils boulottaient des papayes en bord de route. C´est un des plus beaux voyages que nous faisons ce soir-là, entre rivière et forêt, cultures et zones en friche, dans une vallée fermée qui nous donne à la fois un sentiment de sécurité et de claustrophobie. Enfin, nous arrivons à Kiteni, que l´on nous a dit être une ville disposant de services comme des hôtels, de bons restaurants et même Internet ! En débarquant du camion, nous tombons au milieu d´une ville typique du fond de la jungle, un peu comme Anlong Veng où je travaillais au Cambodge. Une compagnie y exploite du gaz liquide. On y retrouve des filles « de petite vertue », des bars et des hôtels à l´air douteux. Nous cherchons une chambre pour la nuit, n´ayant qu´une envie, celle de nous reposer. Pas de bol : nous sommes vendredi soir et il semble que tous les employés du gaz soient descendus en ville pour la soirée. TOUT est complet. Au bout de trois hôtels, nous baissons les bras et décidons de prendre le bus pour Quillabamba qui part à 19h. Un peu de chance nous sourit : il reste des places... entre trois péruviens bourrés qui font rire tout le bus ! Après avoir avalé notre meilleur dessert du Pérou, des beignets fris de farine de citrouille et de blé arrosés de miel ainsi qu´un bon poulet-frites à un étal de marché, nous nous affalons sur nos sièges de bus, et je ne tarde pas à m´assoupir malgré les secousses. A minuit et des poussières, nous sommes à Quillabamba. L´hôtel Alto Urubamba est plein et nous trouvons deux lits dans l´Hostal Plaza de Armas, dans un vieil immeuble pseudo-colonial, bruyant et poussiéreux. Ceci dit, on y dort bien et nous voilà revenus à la civilisation, douche et lavabo, draps et jus d´orange au petit-déjeuner. Surtout, nous retrouvons avec plaisir le glacier « Il Due Mondi » et ses glaces au lucuma, à la banane, à la coco et à la mangue, tout fait maison... Du pur fruit glacé pour notre plus grand plaisir (mais je m´égare). A l´heure où je vous écris, je cuve ma bière en pleurant sur la défaite de la France et surtout sur l´expulsion de Zidane après ce malheureux geste qui va rester comme un exemple A NE PAS SUIVRE pour tous les jeunes footeux de la terre. Je pourrais vous donner ma Nanalyse de la partie, mais il y a des journalistes qui le feront mieux que moi. Ce n´est que du foot après tout... et beaucoup de pognon ! Je ne vais pas en rajouter. Mais c´était quand même sympa de suivre le match entourré de péruviens compâtissants.
Nous repartons pour Cusco demain et espérons y passer une DERNIERE soirée avec Soasig, Thomas, Marine et leurs amis de passage, avant de continuer vers La Paz et la Bolivie pour notre dernier mois de voyage.
Nous pensons fort à vous tous, suporters déçus ou non de la France, papa et maman, futurs, voyageurs au long cours, expatriés et casaniers... Et on vous embrasse comme il se doit en vous disant à très bientôt ! |