Nous avons donc décidé d´en baver un peu plus, chaussures de marche poussiéreuses et sac au dos, sur les chemins escarpés du Pérou... Au lieu de nous prélasser dix jours dans un hamac à regarder défiler les berges de l´Amazone. Allez, c´est parti. Six heures de bus ouvrent notre périple dans le Cañon del Colca, situé à environ 120 km au nord d´Arequipa, dans le sud du Pérou. N´en déplaise aux américains, c´est le cañon le plus profond du monde, avec une amplitude de 3 400m à son point le plus haut. Nous atterrissons à Cabanaconde, petite bourgade endormie nichée au bord d´une falaise au dessus du Rio Colca, au creux d´une belle plaine fertile transformée il y a des siècles par les paysans en un impressionnant paysage de terrasses. Première nuit, tranquille, et première journée pour nous acclimater à l´altitude après les plaines amazoniennes. Nous partons pour La Croix des Condors, à 7h00 du matin, dans un froid mordant, pour aller observer les condors que l´on dit nombreux dans le coin. Nous descendons quarante minutes plus tard sur un belvédère construit au bord de la route qui domine les 3 000m nous séparant du rio Colca. Mauvaise surprise : s´il n´y a encore aucun touriste, on nous demande cependant de payer un droit d´entrée de 35 soles par personne, soit 10 dollars pour voir des oiseaux... Au bout d´une demi heure, nous n´avons vu qu´un seul mais beau specimen. Par contre, les bus venant d´Arequipa commencent à déverser leurs flots de spécimens à appareil photo et bob : les groupes de touristes. Manu et moi décidons de ne pas nous attarder... Mais alors que nous prenons la route pour rejoindre à pieds Cabanaconde, une dizaine de condors apparaissent dans le soleil, s´élevant avec les courants chauds ascendants, à mesure que le soleil réchauffe la vallée. Et nous nous retrouvons melés à la foule, essayant tant bien que mal de prendre des photos de ces formes lointaines, comme celles que nous dessinions dans les nuages quand nous étions petits. Après avoir rempli notre carte mémoire, nous empruntons la route poussiéreuse pour les 2h30 de marche qui nous ramènent à Cabanaconde. Nous déjeunons dans un petit resto tenu par un français qui ne nous adressera pas la parole et nous passons l´après-midi à préparer notre randonnée : essence pour notre réchaud, bâton de marche (manche à balais) et chapeau brodé traditionnel pour Annabel. Le lendemain matin, nous nous levons frais et dispos pour ce nouveau défi. Au programme : cinq jours de marche dont 3 300m de dénivelé positif, autant en négatif, et un passage à 5 100m au col Cerani. |