Ce que nous avons fait sur l´Ile de Pâques

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Chili - Ile de Paques
de Annabel, le 06-04-2006

Ce que nous avons fait sur l´Ile de Pâques

A propos de l´Ile de Pâques.

Je vous ai un peu barbés, je pense avec tous les détails historico-archéologiques... Mais je n´ai rien raconté de ce que nous y avons fait, vraiment. Le jour de notre arrivée, nous n´avons pu tenir en place plus de 5 min, et nous avons donc décidé, malgré l´heure tardive, de nous lancer dans l´ascension du volcan Rano Kano. Sans vraiment connaître le chemin, nous voilà partis en compagnie de Bertrand le long de la côte. Le chemin s´estompe au milieu d´une savane de petits goyaviers. Nous traversons une plantation d´Eucalyptus (il n´est pas difficile de voir qu´ils ne sont pas natifs), et puis enfin, après avoir rejoint quelques chevaux, nous débouchons enfin sur le mirador qui surplombe le cratère, dont le lac profond de 11m, est recouvert d´herbes et de mousse, formant un tapis de dizaines de petites marres. La légende veut qu´ils se ferment tous les sept ans comme autant d´yeux...

De retour au camping Mihinoa où nous avons planté la tente face à l´océan et d´impressionnant rouleaux, nous admirons notre premier coucher de soleil, en compagnie de Bertrand, de Richard et de Philippe, un Belge que nous venons de rencontrer, et bien sûr... d´un pisco sour ! Ce coucher de soleil, bien évidemment, restera pour moi le plus beau de l´île de Pâques.


 Le lendemain, à nous quatre, nous louons une voiture (un 4x4, mais c´est plus pour le fun, en réalité, une voiture de tourisme aurait fait l´affaire), et nous partons faire le tour de l´île. Richard conduit, le bras sur la portière, sous un soleil de bon augure. D´arrêt en arrêt, nous rencontrons nos premiers moaïs, qui sont tous... couchés. Grande déception : nous auraient-on menti ? Les images que nous avons tous vu à la télé seraient-elles de piteux montages ??? Cependant, nous persévérons et la découverte de la carrière où nous pique-niquons (pas terrible l´avocat pas mûr) ainsi que la vision des ... surplombant la mer de leur majesté nous rassurent.
Nous avons loué des palmes, des tubas et des masques de plongée qu´il nous faut bien rentabiliser. Nous nous arrachons donc à ces oeuvres d´art humaine en espérant aller explorer celles de mer nature. Malheureusement, sans guide, il nous est bien difficile de trouver les bons « spots », et la plage d´Anakena, malgré sa beauté toute tropicale ne nous réserve que peu de surprise côté fonds marins. Ca ne fait rien : nous bénéficions d´un magnifique coucher de soleil qui  nous donne l´occasion de prendre de magnifiques photos et de garder pour toute la soirée une lumière dorée au fond des yeux.

Nous partageons notre deuxième dîner communautaire avec Bertrand et Richard et partons nous coucher.


 Le troisième jour sur l´île, nous le passons un peu n´importe comment ! Nous sommes lundi et malgré notre bonne volonté, nous ne pourrons visiter le musée, fermé ! Nous faisons quelques courses en ville et en milieu d´après-midi, un taxi s´arrête comme un fait exprès devant la barrière du camping. Ni une ni deux, nous sautons tous les quatre dedans, maillots et serviettes de bain, et nous voilà partis pour la plage d´Ovahe, où nous nous lançons dans une grande entreprise de maçonnerie, sous les yeux affligés mais indulgents de notre aîné (Manu). Manque de bol, après 2h de travail acharné et quelques mètres cubes de sable excavés (j´exagère à peine), nous devons nous rendre à l´évidence que la mer est bel et bien descendue et que notre piscine ne se remplira jamais. Tant pis. Il est l´heure de marcher jusqu´à la plage d´Anakena où doit nous attendre le taxi. Le parcours en tongs ou sandales le long de la falaise est une jolie aventure, et un très beau parcours, entre pierres ponces, coulées de lave solidifiées dans leur élan vers la mer, touffes de graminée piquante, et ruines sans noms.
Nous avons le plaisir de retrouver Cécile et Yan qui ont entamé un tour de l´île à pieds, tente sur le dos, au grand damme de Roger, le gérant du camping, qui n´aime pas perdre des clients ! Là, Yan nous lance un défi qu´il est bien le seul à pouvoir relever : l´ascension du cocotier le plus proche. Un grand moment !

La soirée s´annonce animée : nous sommes le 3 avril, c´est l´anniversaire de Richard et nous sortons ! Chouette ! Restaurant de poissons, un peu décevant en ce qui me concerne, le kanakana, poisson de l´île, grillé, est un peu sec. Mais la soirée se poursuit dans un petit bar, où quelques jeunes de l´île chatouillent la guitare. Un tahitien efféminé se met à danser, une fleur d´hibiscus dans les cheveux et m´invite à le rejoindre. De lointains souvenirs de danse vahiné me reviennent... Certains verront de quoi je parle. Il y a là aussi Rozana, une chilienne d´Iquique qui joue de la guitare et chante les chansons folkloriques chiliennes d´une sensuelle voix rauque. C´est là que je vis un des meilleurs moments depuis le début de ce voyage : je l´accompagne pour une version plus longue de Run Run... J´apprends que cette chanson a été écrite par une chilienne délaissée par son amant français... Il y est question d´Antofagasta ; ville que j´aurai le plaisir de traverser.
Enfin, nous nous arrachons à la fête et partons nous coucher. La tête me tourne, de musique, de danse, et de l´impression d´avoir touché du bout des doigts un vieux rêve.


 Le réveil, bien sûr, est un peu douloureux et nous trainons un peu au camping. Après une bonne salade de lentilles, bien revigorante, Manu et moi partons visiter le musée d´Hanga Roha. C´est là, dans l´unique pièce, que nous découvrons tout ce que j´ai expliqué dans le journal précédent. Il y a beaucoup à lire et à voir et nous y passons une bonne partie de l´après-midi. Nous rentrons en longeant la côte jusqu´au petit port et nous découvrons de nouveaux moaïs. Des vaches sont allongées là, donnant à l´ensemble un petit côté désuet. C´est notre dernière après-midi sur l´Ile et nous craquons pour quelques souvenirs, sachant qu´il nous sera difficile d´y retourner un jour. La soirée se passe tranquille, tout le monde étant bien crevé, et nous nous régalons ensemble d´une bonne ratatouille.

Franchement, nous aurions bien prolongé le séjour. L´île est littéralement paradisiaque : silencieuse, paysages vallonnés apaisants, sourire des habitants, jardins fleuris le long de rues ombragées, écume blanche et mousseuse des rouleaux se brisant sur les rochers aux formes fantastiques...


 

Mais le voyage n´est pas fini.


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