Pingoins pas pingres

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Argentine - Puerto Madryn
de Toujours..., le 18-02-2006

Pingoins pas pingres

Bonjour a tous, voyageurs de l´internet !

Hier soir, l´estomac creusé par le bon air marin, nous nous sommes payés une pizza-vous-m-en-direz-des-nouvelles accompagnée de son petit-vin-tiede-vous-ne-m-en-direz-pas-des-nouvelles à la Casera pour 22 pesos soit 6 Euros le total. Apres ça, retour au camping et à notre tente qui est deja devenue notre maison, cosy et chaleureuse pour une bonne nuit qui vous fait la nuque raide (il faut decidement que je trouve un systeme pour me faire un bon oreiller, on dirait qu´avec l´age, on devient plus douillet...).

Aujourd´hui, nous sommes allés a Punto Tombo, reserve de 300 ha accueillant pendant la saison de la reproduction entre 500 000 et 800 000 pingoins (avant et apres la ponte). Pour la petite histoire, le nom de cet endroit est dû aux navigateurs francais, qui, ayant découvert ce bout de cote patagonienne au 16eme siecle, y trouvèrent un cimetierre indigene et y associerent le nom « tombeau » (en espagnol, tombe se dit tumba). Alors pour avoir une idee de l´importance du nombre de pingoins, nous avons fait le calcul, et nous avons trouvé que pour compter tous les pingoins, il faudrait environ 15 jours, 24h/24h, sans manger ni dormir. Voila pour l´idée. Pour l´odeur, il faut imaginer de la fiente de mouette fermentée ou dans le genre. Pour la vue, et bien, ca ressemble a des petits bonshommes rentrant d´une nuit de fiesta en costume queue de pie. Et pour l´ouïe, ca crie comme des grosses mouettes enrouees.

Le sentiment d´ensemble, c´est absoluement génial. On ne peut pas s´empecher de s´extasier a chaque dandinement de ces petites bêtes. D´apres notre guide, de longues etudes ont ete realisees sur le sujet pour comprendre cet emerveillement particulier. Le resultat montre que nous reagissons ainsi parce que c´est l´animal dont la demarche se rapproche le plus de la notre.

Nous marchons au milieu des pingoins. Nous sommes arrêtés par les barrières dans notre progression vers la plage ou les plus jeunes se chauffent et s´amusent negligeamment. Mais eux ne se genent pas pour traverser les zones autorisees aux visiteurs. En effet, ils empruntent toujours le meme chemin entre la mer qui est leur garde-manger et leur nid qui peut se trouver jusqu´a 1,5km de la plage. Aussi loin que notre regard porte, on voit ces chefs d´orchestre en miniatures dormir sur leurs pates au pied du buisson dans lequel ils ont creuse leur nid qui ressemble a un terrier. 800 000 pingoins ! 800 000 !!! C´est proprement incroyable. Pour ne rien gacher, on apercoit aussi de grandes autruches, des guanacos (ce sont de petits camelidés roux de la famille du lama) et des rapaces qui picorent dans les touffes d´herbes au milieu des pingoins. Ceux-ci sont tres peu deranges a l´age adulte par de quelconques predateurs et tout ce petit monde semble tres bien cohabiter (pas de concurrence pour la nourriture). Et nous, nous restons la emerveilles.

L´excursion nous permet de retrouver Martyn, notre guide d´hier, en pleine forme, qui n´a pas perdu l´habitude de nous montrer des images d´animaux ou notre situation géographique sur sa carte en conduisant. Certes, les routes sont droites et au milieu de nulle part, mais enfin, la conduite sur gravier avec des vents lateraux de plus de 100km/h n´a rien d´une partie de peche. Nous rejoignent egalement Amanda et Renee, deux mexicaines en vadrouille, muy simpaticas.

Nous faisons un tour au musee paleontologique de Trelew (c´est pas super super interessant : trop d´infos concentrees en si peu de temps, mais de tres belles pieces fossiles, des morceaux de squelettes et meme un oeuf fossilise de dinosaure).
Nous finissons la journee dans le petit village gallois de Gaiman. C´est mignon, c´est construit le long de la seule riviere a plusieurs centaines de kilometres a la ronde, c´est propret (jardins au gazon tondu de frais devant de petites maisons en briques). La principale activité economique de la ville est la transformation des algues (on n´a pas bien compris pour quoi faire), suivie de pres par le thé gallois, pris en groupe par des dizaines de touristes tous les apres-midi a partir de 16h00. On n´y a pas coupe. En quoi ca consiste ? Pour 20 pesos par personne, une dame d´un certain age en chemise a fleurs et tablier a carreau (a la derniere mode de la schwartzwald) vous apporte une theiere et son magnique cache-pot en macrame de laine, une assiette remplie de toasts et de scones beurres de frais, des petits pots de confiture, et pour finir, une pile de gateaux de toutes sortes, a la creme, au chocolat, au dulce de leche (confiture de lait), ou a la pomme... On s´en met plein la panse. Heureusement, nous avons partage une carotte et deux pommes pour le dejeuner, ca nous donne bonne conscience !

Et ce soir, nous pensons bien a vous et nous vous imaginons deja tapant rageusement du point sur votre bureau pour nous reclamer des photos ! des photos ! des photos ! Et donc on se tape internet a 2 a l´heure pour ne pas vous decevoir !

En esperant que ca vous plaira ! 

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