Découverte en couleurs de Buenos Aires

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Argentine - Buenos Aires
de Annabel, inspirée par Manu, le 12-02-2006

Découverte en couleurs de Buenos Aires

Tout est dans le ciel ! Tout l´air de Buenos Aires est dans ce grand ciel bleu qui contraste si bien avec les bâtiments. Ce ciel est d´un beau bleu intense, vif ; c´est un ciel qui met de bonne humeur. Depuis que nous sommes arrivés à Buenos Aires, souffle sur la ville un esprit de vacances en famille dans les Landes ou de Paris au mois d´août. Les filles sont habillées légèrement, les enfants mangent des glaces, des argentins de tous âges se font bronzer sur les pelouses des parcs, et les promeneurs de chiens, les « passeaperros », ont même un petit quelquechose de californien.

Nous avons passé la journée de notre arrivée à déambuler dans le quartier de San Telmo, où nous avons posé nos valises. Malheureusement, nous n´avons pas encore de contact pour prendre des cours d´espagnol, alors nous nous contentons d´une grammaire que nous avons trouvée ici, et des cours gratuits dispensés par les serveur(se)s des restaurants, les touristes plus avertis, ou les chauffeurs de bus. La gentillesse des habitants de cette ville (question : comment appelle-ton les habitants de Buenos Aires ?) ne nous encourage malheureusement pas à faire beaucoup d´effort : ainsi cette jeune femme et son bébé de 9 mois rencontrée dans le métro, qui après nous avoir proposé son aide en espagnol enchaîne rapidement sur l´anglais. Et ce jeune homme en costume cravate tout droit sorti de la City en fait de même… Pour l´heure, je me refuse juste à aborder qui que ce soit en anglais et je tente de bannir de mon vocabulaire la phrase « ¿habla englés ? ».

De promenade en promenade...

Le quartier de San Telmo est une caverne d´Ali Baba pour les amoureux d´antiquités en tous genres. Plaques d´immatriculation des années trente, vieux meubles pseudo espagnols, pots de chambre, affiches des années folles… Mais en parallèle se développent aussi les boutiques d´artisanat plus ou moins à touristes, dans les nombreux et charmants passages et cours du quartier. C´est un plaisir de nous promener dans ces rues pavées, dans lesquelles circulent encore les rails d´anciens tramways. Nous errons jusqu´au parc Lezama, où se trouve le museum d´histoire nationale ou bien sûr nous n´entrerons pas. Pour l´instant, nous nous imprégnons de l´atmosphère de la ville, nous verrons pour la partie culturelle plus tard. Nous passons devant l´église orthodoxe russe, en étant un peu tristes de n´y pouvoir entrer.

A l´est de San Telmo, nous avons fait un tour sur les quais de Puerto Madero, dont les entrepôts de briques rouges, tout en longueur, ont été joliment rénovés après 50 ans d´abandon, pour en faire de chics cafés, restaurants, et autres boutiques. Le tout est surmonté des étages de l´Université Catholique d´Argentine. Au bout du quai n.3 est amarrée la frégate Sarmiento, ancien bateau école de la marine argentine, que nous visitons comme des enfants en partance pour l´île au trésor, de bâbord à tribord, de la poupe à la proue pour 2 petits pesos.

Nous remontons vers la plaza Mayo et le palais gouvernemental des fenêtres duquel le couple Perrón a harrangué la foule (et d´autres bien sûr, mais soyons honnêtes, on ne les connaît pas !). C´est la sortie des bureaux, et des hordes de golden boys & girls se pressent aux passages piétons, forment des files de plusieurs mètres aux arrêts d´autobus. Il n´y a pas de bousculade malgré le nombre. Tout se fait dans le calme et avec patience. On ne peut s´empêcher de penser à la frénésie de nos amis les parisiens pris dans la même situation. Cette partie de la ville est très agréable, même si elle fait un peu penser à New York avec ses hauts bâtiments encadrant des rues étroites. Nous passons de l´ombre de ces rues aux flots lumineux du soleil qui joue dans les frondaisons des grands arbres formant de beaux parcs. Nous finissons d´user nos souliers en remontant l´avenue du 9 mai, soit disant l´avenue la plus large du monde, et c´est un peu fatigués que nous retrouvons le patio frais de l´hôtel Varela (et … ouf, les toilettes, qui sont rares en ville !!!).

Vendredi, dans le quartier Palermo, nous avons musardé dans les allées du beau jardin botanique, gratuit pour les touristes… et pour les chats qui ont envahi ces espaces verts. Nous y admirons nos premiers araucarias, et un nombre impressionnant d´espèces différentes de légumineuses aux fleurs éclatantes. Nous les retrouverons à travers les parcs en nous rendant au cimetière de la Recoleta. Dans ce lieu sont enterrés les représentants de la grande bourgeoisie et de la noblesse de Buenos Aires, dont la famille Perrón et l´ancien président Sarmiento, célèbre figure politique argentine du 19ème siècle. C´est un lieu calme – en dehors du caveau d´Evita – qui marrie bien le charme défraîchi de caveaux abandonnés, vitres brisés et cercueils poussiéreux, aux délires mégalo de vraies petits mausolées.
De retour à San Telmo par le bus 17, nous nous asseyons pour boire un verre sur la place Dorrego, alors que deux couples de danseurs alternent tango et danse plus folklorique que j´appellerai dans mon ignorance la danse des « gauchos » Pour vous la décrire : un cavalier en bottes à talons hauts et chapeau de cow-boy agite un mouchoir devant une belle blonde aux cheveux tressés qui a l´air tout droit sortie de la « Mélodie du Bonheur ». Conclusion : on a préféré le tango pour sa sensualité et son ineffable parfum de scandale.

Samedi, nous décidons de suivre les conseils de la jeune femme rencontrée dans le métro. « Si vous aimez la nature, il faut aller à El Tigre, c´est à seulement 1h de Buenos Aires. On peut y faire du bateau dans les nombreux canaux du delta du Rio Tigre. » Bien, il est entendu que nous aimons la nature, donc nous allons tenter El Tigre. Nous prenons le train pour 0.95 pesos à la gare de Retiro (à laquelle nous nous rendons en bus, par la ligne 61, pour 0.8 pesos). Le trajet sous un ciel qui ne palit pas, se fait en compagnie de jeunes couples, de familles ou d´individus équipés comme pour aller faire du camping. Le train passe dans des quartiers aux petites maisons colorées, dont les jardins « timbre-poste » sont impécablement entretenus. Nous admirons aussi quelques jolies villas, certaines à colombages, qui rappellent selon la personne, l´Alsace ou les cottages anglais. Il y a des panneaux « Vende », à vendre, un peu partout.
La jolie et toute neuve gare d´El Tigre est faite de briques roses qui se détachent gaiement sur le bleu du ciel. Les vacanciers et les visiteurs semblent sans soucis, les pelouses sont sans défauts, les allées rutilantes... Des policiers font la circulation et donnent (c´est un exploit) la priorité aux piétons. Le Mac Donald est là, ainsi qu´une somme considérable de restaurants, pizzerias et autres faiseurs de gauffres. Il y a même un parc d´attraction, avec une grande roue et des montagnes russes. Du port et du marché aux fruits, nous n´apercevons que des centaines de petits stands de babioles à touristes, et d´objets d´artisanat dont tout un tas d´objet en vannerie, meubles et paniers, en jonc, en rotin, osier ou même en bambou. Nous avons beau tourner dans tous les sens, rien n´y fait, pas de fruits.
Nous finissons par prendre des billets pour un tour d´une heure en bateau à la découverte des richesses naturelles du delta. De richesses, nous ne verrons que des maisons de toutes sortes, respirant le luxe ou faites de bric et de broc, qui bordent les nombreux bras formant le delta. Elles sont toutes entourées d´un magnifique jardin (je ne me répèterai pas, pelouse rase, grands arbres et buissons de fleurs, tout y est) et desservies par des jetées sur lesquelles se font bronzer des argentins fortunés. Fortunés financièrement pour ceux dont la maison est nettement couteuse, mais fortunés par la chance pour ceux dont le petit cabanon ne brille pas tant par son confort que par sa tranquillité. La guide fait ses commentaires en espagnol, c´est dommage, mais nous profitons quand même de la balade, en nous disant qu´il ne serait pas vilain de passer quelques temps dans un des campings qui occupent les îles de la zone. Au retour, nous sommes obligés de jeter les tickets de train retour que nous avions achetés le matin afin d´éviter la queue des heures de pointe, car leur durée de validité est excédé. Nous apprenons ainsi qu´il vaut mieux poser des questions, au risque d´avoir l´air bête, que de se retrouver comme des c...

A Buenos Aires, nous allons nous renseigner (on applique notre dernière leçon) sur les bus qui desservent notre prochaine destination, Puerto Madryn, sur la côte atlantique. En voyant la gare routière, le nombre de compagnies de bus et de destinations, ainsi que le confort des trajets (sièges couchettes, repas à bord, etc.), nous comprenons pourquoi il est peu commun de prendre le train. Plusieurs compagnies vont à Puerto Madryn, alors le choix se fera entre les horaires, et les prix (entre 130 pesos et 150 pesos pour environ 16h de bus, soit de 36 à 41 EUR).

Un dernier tour à pieds dans San Telmo nous trouve nez à nez avec une parade placée sous le signe de San Cristobald. Tambours, sifflets et danseurs de tous âges remontent lentement l´avenue San Juan sous les yeux des passants mollement assis sur les trottoires. Tout ça a un petit air de Brésil... Comme les musiciens entendus dans le métro avaient un petit air de Pérou, ceci dits, et nous ne savons pas bien si ce sont des représentants de ces cultures ou si les styles se retrouvent indifféremment sur l´ensemble du continent du fait des brassages de population.

 Enfin, pour finir le tour touristique de Buenos Aires, nous nous rendons en ce beau dimanche estival sur la place Dorrego, regorgeant de touristes qui se pressent autour des stands de bricoles et babioles installés là pour la journée. On y trouve de tout, vieux chiffons, bouteilles à limonade, orgues de barbarie, vieilles photos et cartes postales... Mais on n´achète rien, ça ne rentrerait pas dans nos sacs. Dans ce joyeux brouhaha, on a la chance de percevoir un fond musique de tango qui nous traine jusqu´à un coin où un couple s´évertue à paraître sexy sous le soleil de midi. Il y a aussi des montreurs de guanaco, de poney nains, des danseuses érotiques sexagénaires et des statues humaines.

Nous nous évadons en suivant des routes isolées et soudain calmes jusqu´au quartier de la Boca, le quartier du plus célèbre club de football argentin, Boca Juniors, aux couleurs jaune et bleu. Question : pourquoi est-il si célèbre ? Ce quartier est bien populaire, mais il faut sortir de la petite rue de Caminito pour s´en apercevoir. En effet, si les quelques rues ultra colorées de ce carrefour drainent les touristes du dimache, les rues parallèles sont elles bien modestes à l´ombre des grands arbres. J´ai faim et nous n´avons pas vraiment envie d´entrer dans un restouriste. Nous trouvons par hasard quelques tables aux nappes disparates et aux chaises faites de bric et de broc, dans une ambiance un peu cracra, faisant restaurant sous l´oeil rilleur d´un travesti. Nous y mangeons de très bons et très frais empanadas de carne et deux grands verres de Coca pour presque rien.

Retour en bus et nouvelle balade vers le quartier de la Plaza de Mayo. (Je vous sens déjà épuisés ...) Nous apercevons dans une petite rue un beau bâiment. Notre curiosité étant ce qu´elle est, nous avons le plaisir de découvrir le musée ethnographique, pour lequel notre modeste contribution de 2 pesos n´est certainement pas à la hauteur. Nous y suivons de très intéressantes expositions sur les indiens Mapuche et sur les indiens de la Tierra del Fuego, dont un certain nombre fut ramené comme exhibition scientifique par les explorateurs du Beagle en France et en Angleterre. Triste.

L´eau à la bouche...

A part ça, notre découverte culinaire de la ville se passe bien : notre premier déjeuner, dans la cantine du coin, « Aconcagua » se compose de « matambre », des roulés de porc farcis aux légumes et aux œufs durs, qui se mangent froid, et de « tortilla de papas », non, comme je le croyais l´omelette de papa, mais l´omelette de pommes de terre. Une salade de fruits frais en dessert nous donne bonne conscience. En fait, elle est excellente et constituera par la suite nombre de petits dejeuners. Nous sommes bien sûr également rentrés dans un restaurant de « parillas », grillades en tout genre, de la saucisse (« chorrizo ») au ½ poulet en passant par le boudin noir, pâteux comme un mauvais plâtre, et la large gamme de morceaux de bœuf, à laquelle nous initie un californien bilingue qui pense que Strasbourg est en Allemagne…

Samedi soir, au retour d´El Tigre, le nez rouge du soleil estival et le ventre creusé par le grand air, nous goûtons nos premières escalopes milanaises : escalopes très fines de veau, pané, et accompagnées selon la façon, de fromage et de crème, de sauce tomate ou de champignons. En tous les cas, c´est un régal servi avec une purée faite maison, pour pas si cher (8 pesos soit 2.2 EUR) et je pense que nous y reviendrons !

Dimanche soir, mes ravioles aux légumes et pesto sont un délices. Enfin, les empanadas constituent un casse-croûte bon marché qui se déclinent en bien des goûts, bœuf haché (« de carne »), poireau ou oignon ou épinars (« de verdura »), au poulet (« de pollo ») et au jambon & fromage (« jamón y queso »). Demain, irons peut-être faire un tour à La Plata, avant, espérons-le, de rencontrer Gonzalo, un ami d´un ami, habitant dans San Telmo. J´aimerais bien discuter un peu avec des gens du coin sans la barrière de la langue (il parle très bien anglais, heureusement !).

Mardi, nous pensons partir pour Puerto Madryn.

D´ici là, à tous : Feliz y Salud !

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