L’heure du bilan. J’ai fait le compte : pour ceux qui croiraient que c’est l’Afghanistan le grand voyage, je souhaite tout de suite rétablir la vérité. Au cours de ces 3 mois, longue parenthèse entre deux missions, j’ai dormi dans 22 endroits différents, soit 4 nuits en moyenne par lieu ; j’ai parcouru 27 000 Km environs, en train, voiture, avion, taxi et bateau (incluses les 2 semaines au Cambodge) ; je n’ai pas réussi à compter le nombre de repas que j’ai pris dans des restaurants, des cafés, les sandwiches d’autoroute, les incrustations chez les amis et la famille. Si ça intéresse aussi quelqu’un de calculer mon indice carbone, je serais curieuse de savoir à quel point j’ai contribué au réchauffement de la planète. Ces 3 mois ont vu la naissance de mon premier neveu, Corentin, ainsi que du petit Timour et du petit Rafael, tous les deux nés au sein de foyers de grands voyageurs et d’idéalistes ; il y a eu le mariage de Sitha et Anne, qui fut l’occasion de retrouvailles avec quelques amis du Cambodge et un bel exemple de ce que l’amour peut donner le courage d’oser. Et puis pour Manu et moi, il y a eu une course aux prêts, aux assurances et autres paperasseries pour l’achat d’un appartement à Strasbourg. Nous n’avons pas encore atteint la ligne d’arrivée… Un peu de patience avant de sabrer le Champagne. Ainsi, aussi étrange que cela paraisse, je vis ce départ pour l’Afghanistan comme un retour à une situation de stabilité. Pour ceux qui l’ignoreraient encore, je vais travailler avec Aide Médicale Internationale en tant que responsable de programme dans la province de Samangan. Nous appuyons les pouvoirs publics pour la mise en place du réseau d’offre de soins sur l’ensemble de la province : de l’approvisionnement en médicaments ou vaccins, équipement médical, consommables, au recrutement, à la formation, au paiement des salaires du personnel soignant, en passant par l’équipement des centres de santé en moyens de communication, ambulance, générateurs, le soutien aux laboratoires, etc. C’est donc l’ensemble de la politique de soins de santé primaire que l’AMI soutient à Samangan, grâce au financement, entre autres, de la Banque Mondiale. Mon rôle est d’encadrer et d’animer le travail de toute l’équipe de coordination locale, formée de superviseurs médicaux spécialisés, de logisticiens et d’administrateurs. Je continue avec la même ONG, mais avec différentes responsabilités. Je suis très heureuse en fait, relativement excitée même, à l’idée de reprendre un poste de coordination, tel que je l’assumais au Cambodge sur les 3 programmes auxquels j’ai participé. La province dans laquelle je vais vivre se trouve à six heures de route au nord de Kaboul, de l’autre côté du Salang et de l’Hindou Kouch, à quelques encablures seulement du Tadjikistan. Malheureusement, le voyage par la route ne sera pas possible et Manu et moi nous préparons donc à 1 an de chaud et de froid, de retrouvailles trop courtes en séparations trop longues… Cette mise à jour n’est qu’une petite introduction, car j’ai bien l’intention d’alimenter régulièrement le blog des expériences que je vais vivre dans les mois à venir. J’ai plein de projets pour cette nouvelle année, à commencer par l’apprentissage du Dari et la pratique du piano… Oui, car j’ai acheté et réussi à transporter sans supplément (victoire !) un piano numérique. Je me suis enfin dit qu’il fallait que je fasse quelques sacrifices si je voulais pratiquer quelques activités pour mon développement personnel. Alors pas de fromages dans mes bagages ni de paire de tennis, mais un piano et des dizaines de partitions scannées. J’espère juste que j’aurai la discipline nécessaire à un réel progrès ! C’est tout pour aujourd’hui. Je vous embrasse avec affection, en souhaitant que cette année passée à distance de vous sera en réalité l’occasion de faire plus ample connaissance au travers de ce blog, de vos réactions ou de vos questions. |