Le dernier message était lourd de tension et d'inquiétude, et certes il ne faut pas minimiser ces événements terribles, surtout que le silence est très opaque, même pour nous ici.
Toutefois, je voulais partager avec vous un petit moment de bonheur : une journée entre Aibak et Big Mohammad. Ce fut d'autant plus une surprise que je venais de passer 3 jours en huis-clos avec 5 de mes collègues féminines (et oui, un Phnom Penh 2004 bis !). Nous étions rassemblées pour une réunion de coordination nationale, donc en meeting toute la journée, déjeuner et dîner ensemble, enfin, 2 par chambre pour la nuit... Difficile de respirer dans ces conditions. Mercredi, heureusement, ouf, je suis partie en visite sur le terrain, à Big Mohammad, où j'étais déjà allée à mon arrivée. J'avais fait imprimé et distribué les photos que j'avais prises à l'époque, du coup, j'ai été très bien accueillie ! Certains agents de santé communautaire se souvenaient même de prénom ! La route fut un enchantement : collines verdoyantes comme du velours, troupeau de moutons, de chèvres, de chameaux, campements des nomades kouchis, cavaliers surgissant de nulle part, des parterres de fleurs violettes et de coquelicots... J'en avais les larmes aux yeux de voir cette vieille terre aride se réveiller comme une jeune fille en fleur ! Dans le village de Qudam Ali, j'ai même pu prendre des photos des femmes, qui se sont jetées sur moi à mon arrivée pour me solliciter et qui ne voulaient plus me lâcher ! Au retour, nous avons fait une pause dans les champs pour une séance photo qui a dû défriser mes collègues !!! On a bien rigolé ! Voilà, vous verrez sur les photos que cette journée est très loin de la médiatisation catastrophique que l'on fait du pays. Certes, ça craint un peu, mais il y a encore des havre de paix... A ne pas manquer donc ! Je rentre en France du 26 avril au 12 mai avant de repartir pour 3 mois, puisque j'ai signé une prolongation de contrat jusqu'à fin juillet. Le travail est passionnant, le pays magnifique, les relations avec mes collègues enrichissantes, et j'avais le sentiment que partir maintenant m'aurait laissé un goût d'inachevé. On ne se débarasse pas de moi facilement ! Au plaisir de vous croiser, inch'allah, en France d'ici quelques jours. |