| 31 octobre 2006 3h45, heure de Dubaï. Je suis d’un calme olympien. Allez savoir pourquoi. Je me sens prête, préparée. Je crois que mon « déguisement » y est pour quelque chose. Comme si, en revêtant cette tenue me permettant d’être quelqu’un d’autre, j’avais abandonné mes peurs à l’autre Annabel. Tunique, pantalon, ample foulard sur la tête. Je me sens protégée, intègre. Pourtant, je suis une des rares femmes présentes dans cette salle d’attente unique du Terminal 2 de Dubaï. Terminal qui ne dessert que des destinations secondaires à l’intérieur des Emirats Arabes Unis et dans la région.
J’attire les regards et les questions du vendeur de snack auprès de qui j’achète un café et un yaourt, espérant ne pas piquer du nez en attendant mon avion pour Kabul. Les autres femmes sont aussi des étrangères. Les hommes représentent des origines plus variées. Je repère facilement quelques militaires américains, un sac noir posé à leurs pieds « Army of the United States of America », tee-shirt kaki et casquette camouflage, en partance pour l’Iraq ? Il y a également des indiens en pantalon et chemise de costume. Puis des hommes de la région, d’énormes sacs en toile plastique cousus d’une ficelle aux points grossiers. Je ne sais pas encore qui est Afghan, Pakistanais… Je ne connais pas les noms de leurs coiffes ou de leurs habits. Je reprends un café, je lis un roman policier dont l’action se passe en Afrique du Sud. J’apprécie d’enrichir ma culture politique de ce pays par ce biais. Et j’attends que le guichet Kam Air ouvre. On ne m’a pas donné de ticket à Paris et je dois donc me débrouiller avec une petite enveloppe en dollars pour atteindre Kabul. On me dit que le guichet doit ouvrir vers 4h45, du matin s’entend ! J’aimerais voir le jour se lever sur DubaÏ. Il fait horriblement chaud et lourd à l’extérieur du terminal. Je m’abîme les yeux aux néons du hall des départs, profitant de l’air conditionné, dans cette ambiance quasi religieuse des voix étouffées, regards baissés et silence des grandes fatigues. Je n’ai jamais été aussi curieuse je crois, pour quelque voyage que ce soit. Je ne peux pas dire que ce soit de l’excitation en réalité, mais bien de la curiosité. Détachement quasi-scientifique pour toutes les réponses qu’appellent ces questions : « Comment vais-je me comporter ? Comment vais-je réagir face à l’oppression des femmes ? Comment vais-je travailler en situation de stress ?... » Le guichet est ouvert. Pour savoir s’il reste des places sur le vol Kam Air de 7h30, je dois passer la barrière de sécurité, faire scanner mes bagages et attendre au guichet d’embarquement… On m’annonce que le vol est déjà en sur-réversation, de neuf personnes. A priori, je n’ai pas le droit de voyager sur Ariana, la compagnie d’état. Mais je ne me vois pas passer 24h de plus dans cet aéroport. Il leur reste des places. Le prix du billet est le même. J’ai rencontré Guiv, chef de mission de Médecins du Monde qui peut appeler Guillaume, le CDM de l’AMI à Kabul pour le prévenir du changement d’horaires… La décision est vite prise et j’acquière un billet sur le vol d’Ariana. J’ai le siège 14B. En pénétrant dans l’avion, mon cœur se serre : les sièges sont occupés à 95% par des hommes dont la plupart ont un look de musulmans se rendant à la mosquée… petit chapeau, turban, longue barbe, longs vêtements clairs… Tout d’un coup, je me sens indécente. Je resserre en un réflexe – qui me vient d’où ? Est-ce dans les gènes ? – mon foulard sur la tête afin de ne plus me sentir nue sous leurs regards. Je range mes affaires dans le compartiment au-dessus du siège et m’installe en jetant un coup d’œil furtif à mon voisin de gauche. Quelques minutes plus tard, ce dernier appelle le steward. Une discussion s’engage, dont l’objet, visiblement, concerne un changement de place du passager. J’imagine qu’il a repéré une connaissance un peu plus loin… Imagine ma fille, imagine ! Je me lève pour le laisser passer. Le steward me glisse à l’oreille : « You understand, he’s a mullah, he doesn’t want to sit next to you. » Je souris poliment en répliquant que ça ne fait rien, ce n’est pas un problème. Mais je suis atterrée. C’est donc ça ? Réaction primaire : la honte. Comme si je sentais mauvais… Remarque, au fond, c’était peut-être ça après 18h de voyage ?! Deuxième réaction : la colère. Peut-être que moi non plus, je n’ai pas envie d’être assise à côté d’un barbu moyenâgeux… L’avion sent le linge sale, le voyage et la sueur. Une bouffée de nostalgie sud-américaine m’envahit soudainement. Bus bondé, jupes multicolores, tresses huileuses, chapeaux amidonnés, bruits, lumières. Mais ici : obscurantisme. Je pique du nez et me réveille lorsque l’avion entame sa descente vers Kabul. Le paysage est brun et semble stérile. La ville de maisons de la même couleur que les collines environnantes s’étend sans éclat sous un soleil froid. A la sortie de l’avion, j’aborde un nouveau monde. Le hall des arrivées est une ruine dans laquelle pendent des fils électriques ; les faux plafonds menacent de s’effondrer sur nos têtes. Une horde de manutentionnaires agités tentent d’arracher des sacs au tas inorganisé qui encombre la sortie. Je dois batailler ferme pour ne pas me faire enlever mon sac. Personne n’est là pour m’attendre. J’ai raté un e-mail de Guillaume m’expliquant que les chauffeurs n’ont pas le droit de pénétrer sur le terre-plein de l’aéroport. Un conseiller militaire me prête son téléphone. Cinq minutes plus tard, je suis assise à côté de Wahid, un des chauffeurs de l’AMI. Il parle un peu anglais, il m’accueille par un grand sourire sous sa moustache, me serre la main, et nous sommes partis par les rues de Kabul. Première impression ? Un sentiment de familiarité à la vue de ces visages basanés : l’Azerbaïdjan n’est pas si loin. Surprise : en arrivant au bureau, Manu est là. On l’a invité pour le déjeuner. Un bon point pour mes futurs collègues !!! Ce sont des retrouvailles un peu empruntées : on ne peut pas se toucher en public. Nous finissons quand même par nous faire la bise ! Je ne le quitte pas des yeux pendant le repas. Yeux qui commencent à se troubler avec la fatigue accumulée. A 16h, plus de 24h après mon départ de Paris, Manu m’accompagne chez lui. Je tiens quelques temps, avant d’aller m’effondrer sur notre lit et de m’endormir profondément. L’aventure afghane a commencé ! 1er novembre 2006 Voilà. J’y suis. Ce matin, c’est le deuxième contact avec le pays. Dans la cour de la guest-house où loge Manu en compagnie de ses collègues de l’hôpital Enfants Afghans, je fume ma première cigarette en buvant mon café. Un rayon de soleil réchauffe l’air automnal, bien frais à ces 1 800m. Je réalise que je ne peux pas sortir sur le seuil de la cour en pyjama, pour observer la rue et ses habitants qui se mettent en mouvement. Ici, les gardes sont d’anciens moudjahiddines, partisans du Commandant Massoud, kalachnikov en bandoulière… On ne plaisante pas avec la sécurité par ici. J’ai déjà été présentée à une grande partie de l’équipe AMI de Kabul. A l’exception d’une afghane et des autres expatriées, c’est une équipe masculine qui me reçoit la main sur le cœur d’un Salamalekom chaleureux. Je me demande à quelle sauce je vais être mangée… Leurs visages se confondent : moustaches, barbes, foulards, yeux plissés de sourire. Dans le van qui m’emmène au bureau, je discute avec deux employés. L’un est fiancé. L’autre marié avec trois enfants. Je ne retiens ni leur nom ni leur fonction ! Au milieu d’un rond-point, des dizaines (des centaines ?!) d’hommes attendent un travail qui ne viendra sans doute pas. Accroupis, ils tiennent leurs outils de peintre, de maçon à leurs côtés en discutant. En voyant tous ces immeubles détruits ou à moitié finis, il est pourtant clair qu’il y a de quoi faire. Des façades sont encore criblées d’impact de balles. Je commence la journée par un briefing avec Guillaume, le chef de mission, qui était déjà présent en Afghanistan en 2001, lors des attentats du 11 septembre. Il connaît bien le pays. Son point de vue éclairé est très intéressant, loin des clichés européens. Ce sera à moi de me faire mon opinion. Pas facile. L’histoire, la politique et la culture s’imbriquent de façon confuse. Mais j’ai le temps ! Meeting au ministère de la santé dans la journée dans un immeuble quasiment vide et froid. En attendant le chauffeur, nous voyons passer une patrouille mobile américaine. Soldats en tenue de combat, le fusil levé à hauteur du visage, micro et oreillette. J’ai l’impression d’assister à un tournage de film. Ils passent en courant, sueur au bout du nez, arrêtant les voitures. Le soir, il fait de plus en plus froid. Nous déplaçons un chauffage au gaz dans la chambre. La salle de bain est glacée… Et ce n’est pas encore l’hiver !!! 03 novembre 2006 Kabul : visite en ville. Petite sortie autorisée. La veille, j’ai retrouvé Vincent, ancien de la Croix-Rouge Française au Vietnam et en Mauritanie, qui travaillait avec Arbi, l’ancien chauffeur de Manu… Il y a là Thomas, qui travaillait au Cambodge et que nous voyions régulièrement, ainsi qu’Elsa, une des ses amies, avec qui j’avais pris un jour l’avion pour aller en Thaïlande. Le monde de l’humanitaire est tout petit, ça c’est sûr ! Ce matin, nous retrouvons Thomas au Bistrot, un restaurant français, pour un petit-déjeuner copieux de viennoiserie, de bon pain et de capuccino… Ca n’a rien de très local, mais le cadre est très sympa : des tapis sont accrochés au mur. Dans la cour, des artisans vendent des meubles sculptés, des tapis tissés ou noués, des vêtements et des foulards. Dans « Chicken Street », les boutiques s’alignent en une succession de cavernes au trésor pour expatriés (et touristes ?) en mal de souvenirs : vêtements couleur locale, meubles en bois peint, bijoux en argent et lapis-lazulis. Un enfant nous suit, espérant nous convaincre d’acheter quelques boîtes d’allumettes. Il baragouine quelques mots d’anglais et de français et s’offre pour porter nos achats (les tuniques et foulards qui constitueront ma garde-robe de travail !). 04 novembre 2006 Je pars avec mes collègues à Jalalabad, dans l’est du pays. Le chauffeur est en avance : à 5h20, le téléphone de Manu sonne pour me demander de rejoindre la voiture qui m’attend dans la cour. Je ne suis pas prête et dois me dépêcher d’enfiler une tunique. Je ne sais plus si j’ai pris mon appareil photo. Comme il n’y a pas d’électricité, je me trompe de brosse à dents et embarque celle d’Elise. Après 500m, je réalise que j’ai oublié la clé USB de Judith, que je remplace… Nous faisons demi-tour et arrivons avec une demi-heure de retard au rendez-vous fixé. Lorsque nous partons pour Jalalabad, le chauffeur me lance : tu n’as rien oublié ?! Ah ! Ah ! Nous sortons de Kabul par le secteur militaire. Les bases se succèdent : école de formation militaire afghane, base française, américaine… Des convois de camions nous devancent. Le chauffeur a pour consigne de ne pas trop s’en approcher. J’ai laissé mon appareil photo dans mon sac à l’arrière de la voiture et m’en mords les doigts lorsque nous croisons des « Kuchis », nomades voyageant avec des dromadaires, des ânes et leurs troupeaux de moutons. Les femmes ne sont pas voilées. On me dit que pendant la période taliban, elles ont toujours refusé de porter la burka. Nous longeons la rivière Kabul. La route a beau être en asphalte refait à neuf, les précipices sont profonds et le chauffeur un peu brusque. Les quatre filles que nous sommes, serrées à l’arrière, nous regardons parfois avec des regards effrayés. Mais Dieu, que les paysages sont beaux ! Parois en roche grise, rivière sinueuse d’un bleu glacial, premiers champs de choux-fleurs, chaumes du riz, nous approchons de Jalalabad. Un énorme embouteillage s’est formé à l’entrée du centre-ville : des travaux de réfection de la route sont en cours. Nous nous arrêtons comme tous les autres véhicules : toyota corrola, camions surchargés de ballots, peints de couleurs vives à la mode pakistanaise, et même des « touk touk », petite remorque tirée par une mobylette, mais ici, on dit rickshaw, comme en Inde. Des hommes descendent de leur voiture pour mieux nous apercevoir. Cette région du pays est très traditionaliste et les femmes ne sortent pas sans leur burka. Quatre blanches d’un coup, c’est un record ! Après deux tentatives infructueuses de rejoindre le bureau AMI par des chemins détournés, nous sommes obligés de finir à pieds. Des employés de la base nous aident à porter nos sacs. On nous dit de marcher d’un pas vif pour ne pas attirer d’attroupement. Je suis bottée, et j’ai mis un sous-pull sous ma tunique, pensant qu’il allait faire aussi froid qu’à Kabul. Que nenni ! Il fait bien 8°C de plus, le soleil chauffe, et je me mets à transpirer abondamment. Je marche le nez baissé pour ne pas trébucher et ne vois rien de la ville. Nous nous retrouvons tous à Jalalabad pour une réunion de coordination médicale interne. C’est une formidable occasion de rencontrer toutes les équipes, puisque ceux de Samangan, au nord, se sont aussi déplacés. Première soirée en compagnie de mes nouveaux collègues : jeux de cartes, blagues et papotages. Je n’ai plus l’habitude d’être en collectivité, après un an à Anlong Veng et six mois avec Manu. Je décroche parfois, mais apprécie ce petit groupe plein d’humour. 05 novembre 2006 J’ai droit à mon premier déjeuner afghan. Nous sommes tous déchaussés, assis de part et d’autre de plats qui sont posés sur une grande nappe en plastique dans lesquels chacun se sert… avec les doigts de la main droite. Ouf ! Il y a des cuillères, car je n’ai pas le pli d’attraper le riz afin d’en faire une petite boule qui sera ensuite enfournée en biais dans une joue. Evidemment, nous mangeons du mouton en sauce. J’aime assez. Surtout le riz ! 06 novembre 2006 Nous sommes tous invités à dîner dans le meilleur restaurant de la ville. Il paraît que nous sommes au bord d’une rivière, mais il fait nuit et je n’y vois rien. Nous nous retrouvons une fois de plus assis sur un tapis. Cette fois-ci, il y a du poulet, du poisson et du mouton au menu. Je trempe mon pain dans un bol de sauce blanche à base de lait caillé et d’herbes… Un régal ! A mes côtés, le Dr. Salam a appris que je parlais un peu russe. Vu qu’il ne parle pas un mot d’anglais et qu’il sera mon homologue pour les questions de développement communautaire dans le nord, je fais un effort pour suivre la conversation. Lui est ravi. Quand à moi, je trouve assez étrange de parler russe dans un pays qui s’est battu pendant 20 ans contre l’occupation soviétique ! C’est l’occasion pour tous de dire au revoir une dernière fois à Judith qui part dans quelques jours. Les discours s’enchaînent et je dois m’y plier comme tout le monde. Je finis la soirée complètement vidée et vais me coucher sans demander mon reste. 07 novembre 2006 Première visite de terrain en compagnie de Judith et du Dr. Sediki, le nouveau coordinateur national pour le projet de développement communautaire. Le courant passe bien. Il parle un peu français et ponctue ses phrases de « attends ! » quand il veut poser une question. Nous nous rendons dans un petit village près de la ville de Metherlam afin d’y visiter un poste de santé, dans lequel officient un binôme de Volontaires de Santé Communautaires, fils et mère. Avec le Dr. Sediki et les superviseurs masculins, nous ne pouvons que rencontrer le fils ; mais seules, nous avons le droit d’aller « discuter » avec la volontaire féminine. Discuter est un bien grand mot, car nous ne comprenons goutte de ce qui se dit en pashto, que les gens parlent ici (à Kabul, on parle dari, du persan). Nous arrivons toutefois à aborder la question de l’accouchement. Des petites filles nous ont rejoint. Personne ne semble embarrassé par leur présence. L’une d’elle a de grands yeux verts pétillants. J’ai du mal à me concentrer sur la vieille volontaire et regrette de ne pouvoir m’amuser avec les petites. En partant, j’obtiens de leur père de pouvoir les prendre en photo. Je me sens mieux qu’il y a quelques jours. Parce que d’être agenouillée dans cette petite pièce en compagnie du volontaire et des mes collègues afghans m’a rappelé pourquoi j’étais venue en Afghanistan. Pouvoir pénétrer ainsi dans l’espace privé de ces gens est un privilège que d’autres n’ont pas et je remercie le ciel de pouvoir toucher de plus près une autre humanité. En espérant un jour en comprendre un peu plus les spécificités et y retrouver les principes universels qui animent de la même façon un cambodgien, un azéri, un bolivien ou un afghan, malgré les différences de surface. 11 novembre 2006 La vie s’organise à Kabul pour Manu et moi. Nous partageons la maison avec Elise et Anne, infirmière pour la Chaîne de l’Espoir. Elise est un petit bout de femme à l’accent franc-comtois, humour vif et franche. Anne est plus tranquille mais tout aussi marrante. Elle connaît déjà le Niger et MSF. Nous nous entendons très bien et c’est agréable de les retrouver le soir pour parler de la journée, partager nos impressions sur ce pays. Entre filles, il est clair que nous ne pouvons rester indifférentes à la condition de la femme et ce sont tous ces thèmes qui nous occupent avec ferveur : mariage, liberté de mouvement, accès au monde du travail… Nous n’en finissons pas de nous scandaliser. Il faut bien le faire de temps en temps pour évacuer la tristesse. Le travail n’est pas le lieu de ces révoltes. Comme m’a dit la responsable des ressources humaines de l’AMI à Paris : il ne faut pas se tromper de combat ! Manu n’a droit qu’à un jour et demi de repos par semaine, et bien sûr, nous sommes en décalage. Nous ne retrouvons donc qu’un jour par semaine, le vendredi, et le soir. Nous sommes allés dîner une fois à l’hôpital avec les autres membres de la Chaîne de l’Espoir, un soir dans un restaurant allemand (tout est bon dans le cochon !), l’anniversaire de Nicolas, logisticien de l’AMI (avec qui j’ai assisté il y a 4 ans au mariage de Bertrand et Joy, que j’avais rencontrée en Azerbaïdjan… Il se trouve que Nico est un des meilleurs potes de Bertrand !!!), une soirée invités par Vincent, en compagnie d’autres délégués du CICR, interprètes australiens, ouzbèks, allemands pour le dari, l’ourdou, le pashto… autour de saucisses de Morteau ! Le vendredi, les enfants font voler leurs cerfs-volants multicolores. Des troupeaux de moutons broutent sur les bas-côtés. Le soir, nous nous serrons sur les coussins devant le chauffage au gaz en écoutant de la musique ou en regardant la télé. Je ne me suis pas encore mise au dari. Pas le temps ! On se donne rendez-vous dans une dizaine de jours pour une nouvelle page de ce carnet de voyage. |